Maladie d’ALZHEIMER, dépistage ….. à vue d’oeil !

Anne JEANBLANC écrit dans Le Point : « Et si un simple examen des yeux permettait de dépister, bien avant ses premières manifestations, la redoutable maladie d’Alzheimer ? C’est l’espoir qui vient d’être soulevé lors d’un congrès consacré à cette affection, à San Diego (États-Unis) ».

La journaliste explique que « des chercheurs de la société américaine Cognoptix y ont dévoilé les résultats d’une petite étude qui représente, selon le communiqué de cette firme, « un pas de géant dans le développement d’un test de diagnostic non invasif au stade précoce de la maladie d’Alzheimer » ».
Anne JEANBLANC indique ainsi que « le système SAPPHIRE est destiné à identifier précocement une éventuelle « signature bêta-amyloïde » dans les yeux des patients »,
rappelant que « la maladie d’Alzheimer se caractérise par la formation de plaques dites amyloïdes entre les neurones et par l’agrégation de protéines tau dans les cellules nerveuses.

Et des études ont déjà montré la présence de dépôts amyloïdes dans une région précise du cristallin chez les patients atteints de la maladie ».
La journaliste fait savoir que ce système « a été évalué dans 4 centres américains, auprès de 40 participants, la moitié ayant un diagnostic clinique de la maladie d’Alzheimer, les autres étant du même âge, mais en bonne santé ».
« La veille de l’examen, une pommade ophtalmique contenant un produit fluorescent qui vient se lier spécifiquement avec les peptides formant les plaques amyloïdes a été appliquée sur leurs yeux. Avec l’aide d’un laser, il a ensuite été possible de visualiser les dépôts recherchés. Et un examen très sophistiqué du cerveau (destiné à mesurer les plaques présentes) réalisé ultérieurement a permis de conclure que le système mis au point avait une sensibilité de 85% (15% seulement des cas n’étaient par conséquent pas dépistés) et une spécificité de 95% », observe Anne JEANBLANC.

La journaliste relève en outre que « dans Neurology du 16 octobre, des chercheurs américains de l’université Johns Hopkins, à Baltimore, font part de leurs résultats concernant, cette fois, la présence de protéines tau et du peptide bêta-amyloïde dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) ».
Anne JEANBLANC note que les chercheurs « ont utilisé les LCR collectés entre 1995 et 2005 chez 265 sujets sains âgés de 50 à 60 ans, dont près des trois quarts avaient un proche atteint de la maladie d’Alzheimer. […] Ils ont constaté que plus il y avait de protéines tau, et moins il y avait de bêta-amyloïdes dans le LCR, plus la probabilité de développer la maladie était augmentée. Et que le rapport entre ces deux substances commençait à se modifier 5 ans avant l’apparition de cette affection ».

La journaliste souligne que « ces travaux confirment qu’il sera bientôt possible de dépister précocement cette maladie neurodégénérative, avant qu’elle ait entraîné la disparition d’un grand nombre de cellules nerveuses. Mais ces avancées ne prendront toute leur valeur que lorsque les médecins disposeront de traitements capables de bloquer l’évolution de la maladie dès ses débuts ».